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février 8, 2012

Rencontre avec la Garderie Bouba

   Annicka Hoby  Ramahalimby, le Responsable Relation Publique de la Garderie Bouba nous parle aujourd’hui de cette garderie qui oeuvre pour l’épanouissement des jeunes enfants à Tananarive, Madagascar. Interview

“Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne” Victor Hugo

Kilonga.com: Bonjour et merci de répondre à cette interview qui répond à la demande de nombreuses mamans!

Annicka H. Ramahalimby: Bonjour et merci de vous intéresser à notre activité.

Kilonga.com: Alors, pour commencer pouvez-vous nous présenter la Garderie Bouba?

Annicka H.Ramahalimby: La garderie Bouba accueille tous les petits enfants de 18 mois à 3 ans et demi voire 4 ans. Elle oeuvre pour leur épanouissement dans un cadre hygiénique et coloré suivant un programme pédagogique bien défini.

Kilonga.com: Quand a t-elle vu les jours?  Où se trouve la Garderie Bouba?

Annicka H. Ramahalimby: Nous avons ouvert les portes officiellement le 5 Mars 2011 et avons commencé à accueillir les enfants 2 jours après, c’est à dire le 7 Mars. La Garderie se trouve en plein centre-ville de Tanà, à Antaninandro, au niveau de la Cité-Perrier.

Kilonga.com: Quel a été l’élément déclencheur pour monter une garderie à Tana?

Annicka H. Ramahalimby: Je pense que c’est surtout le besoin d’éduquer les enfants dès leur très jeune âge. Cette tranche d’âge est un peu négligée chez nous. Il faut dès lors leur apprendre à être ‘indépendant’ et sociable. C’est à dire les apprendre à vivre en société, entouré de différents adultes et d’autres enfants tout en se débrouillant seul. Mais c’est aussi une manière pour nous d’aider les parents à combiner vie professionnelle et vie personnelle. Notre objectif c’est d’en faire un enfant respectueux.

Kilonga.com: Pouvez-vous nous présenter l’équipe de la Garderie Bouba?

Annicka H. Ramahalimby: Joanna Aina Ramahalimby en est le Directeur Gérant. Nous sommes entourés d’une Directrice Pédagogique avec 40 ans d’enseignements derrière elle. Une maîtresse pour les deux classes: TPS (Toute Petite Section) et PS (Petite Section) , les nénènes (aide-maîtresse) . Jacquot A. Ramahalimby, administrateur de la page Facebook et moi-même, Responsable Relation Publique.

Kilonga.com: Les équipes enseignantes ont-elles suivies des formations particulières?

Annicka H. Ramahalimby: La maîtresse a 10 ans d’expériences dans l’enseignement. C’est cette dernière qui prend en charge la formation des aide- maîtresses avant d’intégrer la Garderie Bouba. Néanmoins des formations dispensés par ISTS CARO  (http://istsmada.com) concernant l’éducation des enfants ont été suivi par toute l’équipe avant l’ouverture de la Garderie Bouba.

Kilonga.com: Comment s’inscrit-on à la Garderie Bouba, quelles sont les procédures à suivre?

Annicka H. Ramahalimby: Nous acceptons les enfants toute l’année tant qu’il y a une place disponible. Il y a 15 places au total selon les normes exigées par la CISCO). Pour s’inscrire, je vous invite à nous rencontrer directement à Antaninandro,  par téléphone, par mail ou via message privé à l’un des administrateurs de notre page Garderie Bouba sur facebook.

Kilonga.com: Annicka, pouvez-vous nous donner une journée type à la Garderie ?

Annicka H. Ramahalimby: Nous commençons la journée par un petit déjeuner et ce pour tout le monde. Ensuite nous attaquons l’activité du matin selon le programme pédagogique de chaque classe. Cela peut être de la peinture, du coloriage, du dessin. Après le goûter nous reprenons les activités. A midi, nous proposons la cantine aux enfants, de la sieste après le déjeuner. L’après-midi on fait des jeux libres.

Kilonga.com: Comment ça se passe au niveau de l’accueil des enfants?

Annicka H. Ramahalimby: Les enfants viennent à la garderie 5 fois par semaine, pendant la période scolaire. Nous suivons le calendrier français. Néanmoins pour plus de souplesse et d’organisation, nous acceptons des enfants pendant les vacances selon les besoins des parents. Evidemment pendant  les vacances, nous accordons plus de temps aux jeux.

Kilonga.com: Et par rapport à l’ouverture et à la fermeture des portes?

Annicka H. Ramahalimby: En général, les parents ramènent leurs enfants vers 7h le matin. Nous démarrons la journée à 8h. Certains enfants rentrent a midi, d’autres non, puisque nous disposons d’une cantine. Après, suivant la disponibilité des parents, les premier départs s’effectuent vers 16h- 17h. Nous donnons aux enfants une petite douche toujours suivant le besoin des parents.

Kilonga.com: Pouvez-vous nous en dire plus sur les activités proposées?

Annicka H. Ramahalimby: Les activités sont proposées selon l’âge de l’enfant. Nous faisons attention à ce qu’elle soit adaptée à son développement puisque les programmes sont les mêmes que ceux d’ une “école homologué”: travail manuel, travail de motricité, principes de vie en société et beaucoup d’autres.

Kilonga.com: Et à propos de la cantine, que proposez- vous dans les assiettes?

Annicka H. Ramahalimby: Nous y prêtons une grande attention puisque nous ne cuisinons que des fruits et légumes de saison et veille à ce que les plats servis répondent au besoin nutritionnel de nos petits écoliers (qualité et quantité) . En général, il y a une entrée, un plat de résistance et un dessert. Les enfants ne manquent pas de produits laitiers non plus puisque il y en a tous les jours soit au petit déjeuner soit au goûter.

Kilonga.com: Annicka, qu’est ce qui pourrait vraiment attirer les parents à venir s’inscrire chez vous et pas ailleurs?

Annicka H. Ramahalimby: Notre différence  c’est l’organisation d’évènements ponctuels à destination des enfants. Par exemple la chasse aux oeufs de pâques, le noel des oursons, les anniversaires.

Kilonga.com: Un petit mot pour couronner peut-être?

Annicka H. Ramahalimby: “Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne” Victor Hugo

 Merci à Annicka pour cette belle rencontre avec la Garderie Bouba dont les activités et le programme pédagogique nous ont vraiment conquis. L’équipe n’a pas lésé non plus dans la décoration attrayante de la Garderie . D’ailleurs les équipements de la Garderie sont adaptés a la taille et au confort des petits enfants suivant les normes exigés par la CISCO. Et au niveau de la santé, rien à craindre une pédiatre vient périodiquement faire un petit contrôle de routine. 

  • Pour contacter la Garderie Bouba: 
Joanna Ramahalimby- Directeur Gérant

Joanna Ramahalimby- Directeur Gérant

Adresse: Cité- Perrier Pav. 16 Antaninandro

Tél:  00 261 34 66 55 169

Mail: garderie.bouba@gmail.com

Website: http:/garderiebouba.blogspot.com

Facebook: http://www.facebook.com/Garderie.Bouba

La marque “Garderie Bouba” est protégée par l’Office Malgache de la Propriété Intellectuelle (OMAPI)

Copyright et Crédit Photos: Toutes les images présentées sont la propriété des photographes de la Garderie Bouba

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mars 21, 2011

Nathalie: femme malagasy, mère active

Nathalie est une femme très dynamique. Elle est arrivée en France avec ses deux garçons en 2005 après un regroupement familial. Son mari travaillait au BMOI quand il a décidé de partir pour la France en 2003. Aujourd’hui ils sont 5 à la maison, le petit dernier est né neuf ans après le cadet pour une histoire de papier…

  • Nathalie, 39 ans,  Agent d’escale, 3 enfants. Mariée à Lova,  39 ans, Conducteur de poids lourd.

Kilonga.com: Bonjour Nathalie. Une petite présentation?

Nathalie: Je travaille en tant qu’Agent d’escale à l’aéroport de Paris. Je suis maman de 3 grands garçons et je suis mariée depuis  presque 15 ans maintenant. Je suis arrivée en France en 2005, 2 ans après mon mari. Nous avons toujours vécu dans la banlieue parisienne.

Kilonga.com: Ton mari est arrivé 2 ans avant toi. Pour quelle raison?

NathalieMisava làlana akia a! (rire)  .A vrai dire nous ne pouvions pas partir tous ensemble. Pas avec les deux enfants en tout cas, ils  avaient 9 et 6 ans à l’époque. Ca aurait été la galère.


Kilonga.com: Comment vivais-tu cela? Assumer seule la responsabilité de tes deux enfants durant 2 ans?

Nathalie: Je ne sais pas au fait, parce que nous habitions chez ma belle famille et il y avait les grands parents présents. Au final, je n’ai pas vraiment ressentie une difficulté par rapport à l’éducation et à l’autorité parentale. Mon mari nous appelait toute les semaines, on s’envoyait des e-mails mais c’était très rare. Il m’a plutôt manqué physiquement (rire). Mais de toute façon je me disais que c’était pour la bonne cause.

Kilonga.com: Et ton mari, comment vivait-il cette séparation, cette décision?

Nathalie: (grimace) La galère! Il a quitté son poste dans l’espoir de trouver quelque chose après la crise de 2002, si tu te souviens. Mais en vain. Du coup il s’est mis en statut étudiant en reprenant les études. Nous avons de la famille ici qui pouvait l’aider dans les différentes démarches. Il est entre autre de nationalité française de sa grand- mère, mais après la colonisation à Madagascar les descendants n’ont pas voulu garder la nationalité. Quand il a pu prouvé ça, ça a été réglé.

Kilonga.com : Donc en 2005, tu es arrivé avec vos fils et alors?

Nathalie: Nous étions hébergés par- ci par- là chez des amis, des connaissances, la famille le temps de faire les inscriptions à l’école des enfants. Mon mari a trouvé des petits jobs en dehors de ces études. La première année  je n’ai pas travaillé du tout, je m’occupais de nos papiers administratifs, des enfants. J’ai fait appel à la caf, à l’assistante sociale pour avoir un appartement stable. Je l’ai eu très rapidement. Etant une famille croyante et pratiquante, nous avons très tôt intégré le fpma, ce qui nous a permis d’élargir nos réseaux.

Kilonga.com: L’intégration s’est bien déroulée alors? Comment ça s’est passé du côté du travail?

Nathalie: Nous avions la caf avec deux enfants c’était autour de 400 euros par mois, vu que nous n’avions pas de ressources stables. Et comme je suis tombée enceinte très rapidement, je n’ai pas travaillé de suite. Je me suis vraiment investie dans la vie de l’église et la louange de Dieu. Mon mari et moi sommes diacre, je fais partie du membre dorkasy et sampan’ny vehivavy. Les garçons font du scoutisme et du sekoly alahady. Je suis fière de tout cela car la vie est dure et sans l’aide de Dieu nous ne serions pas là aujourd’hui.

 

Et puis bien sûr je peux compter sur l’aide de mon mari. On se soutient beaucoup, c’est important!


Kilonga.com: Actuellement tu es active n’est ce pas? Depuis quand et comment tu t’y es organisée avec trois garçons?

Nathalie: J’ai commencé quand mon dernier avait 2ans et demi par là. J’ai commencé par de l’intérimaire puis je suis titulaire de poste maintenant. Comment je faisais? Et bien j’ai mes soeurs de l’église qui m’ont aidés . Elles ont acceptés de garder mes enfants les jours où je partais tôt de la maison ou quand je rentre tard. Et puis bien sûr je peux compter sur l’aide de mon mari. On se soutient beaucoup, c’est important!


Kilonga.com: Et les enfants comment ça se passaient pour les deux grands le changement de vie?

Nathalie: A Madagascar, ils étaient plutôt contents de partir pour la France. Ils frimaient (rire). Quand nous étions arrivés, ce fût quand même un choc surtout pour mon aîné. L’hiver n’a pas arrangé tout cela bien sûr et comme nous n’avions pas notre propre appartement, cela a été difficile. A Madagascar, ils avaient chacun leur chambre, nous habitions une grande maison d’environ 150m² avec des hectares de terrains. C’est différent, mais on a confié tout cela à Dieu et Il a écouté nos prières.


Kilonga.com: As-tu eues des difficultés pour trouver du travail?

Nathalie: Tu peux toujours trouver du travail si tu n’es pas compliqué. Rehefa tsy sarotiny e! .Les petits jobs y en aura toujours, déclaré ou non déclaré. Moi je travaillais dans une agence de voyage à Madagascar et cela m’a aidé pour trouver ce job.


Kilonga.com: Ton mari et toi aviez quand même une très bonne place à Madagascar, qu’est ce qui vous a poussé à partir?

Nathalie: L’avenir des enfants après la crise de 2002 était incertain. Certes mon mari avait une très bonne place au BMOI, nous faisions partie de la haute sphère à Tana. La décision de partir a été mûrement réflechie.


Kilonga.com: Quelquesv regrets tout de même, non?

Nathalie: Parfois oui, parfois non. Il suffit que je pense aux enfants et c’est parti. Moi oui, je regrette ma vie là-bas. Enfin ce n’est pas vraiment un regret c’est plutôt une nostalgie.


Kilonga.com: Si tu as à choisir en étant une mère active, c’est à Madagascar ou en France que l’on vit le mieux?

Nathalie: Je peux dire les deux (rire)? Oui, chacun a son avantage. A Madagascar, tu habites une grande maison avec un grand terrain.  Tu peux avoir un travail stable donc un salaire moyen mais tu as du mal à boucler tes fins du mois. En France tu peux bénéficier des aides sociaux, à partir de 3 enfants tu as pas mal de réduction d’impôt, des aides de partout en étant une famille nombreuse. Mais tu n’es pas apprécié par tous, il y a de plus en plus de raciste (fou rire). Non sans rire, Par rapport à mes amies là-bas je suis mieux à l’abri en France.


Kilonga.com: Un retour est envisagé ou non?

Nathalie: Quand? tu rigoles! Les garçons ils n’ont plus d’amis là-bas. Quant à moi, je ne supporterai plus la mentalité.  Peut- être dans nos vieux jours, qui sait? Mais pas en ce moment, nous avions fui la crise et aujourd’hui c’est encore pire. Non, il faut avoir des millions d’euros pour retourner au pays et nous ne l’avions pas encore. On verra… asa rehefa vovoka angambany!

Kilonga.com: En tout cas, merci beaucoup Nathalie. je te souhaite le meilleur

Nathalie: Merci tatisy de kilonga.com (fou rire)

mars 14, 2010

Les parents les plus stricts du monde vu par Pierre

‘Je me suis enfilé, comme on enfile des perles (aux cochons), deux émissions à la suite sur M6, la petite chaîne qui monte, comme on dit. C’était au moins une de trop. Quoique… De voir Les parents les plus stricts du monde à Kinshasa m’a quand même préparé à les voir ensuite à Antananarivo. Une préparation en guise d’énervement croissant devant ce “concept” (c’est parfois presque un gros mot, “concept”, mais c’est ainsi qu’ils disent, sur M6) assez curieux. Si, par accident, vous n’en aviez pas entendu parler, je vous le copie/colle tel que le site officiel présente la chose:

Dans «Les parents les plus stricts du monde», deux adolescents en crise partent une semaine à l’autre bout du monde dans une famille d’accueil francophone, beaucoup plus stricte que la leur, pour découvrir d’autres règles éducatives. Immergés dans une culture aux antipodes de leurs repères familiers, ils vont devoir respecter ces nouvelles règles de vie, parfois dans la douleur. Mais, au fur et à mesure de leur vie au sein de cette famille, ils vont prendre du recul sur leur comportement habituel, deviendront moins centrés sur eux-mêmes, et réapprendront à communiquer avec des adultes et à avoir confiance en eux. Intégration, travail, culture, échanges, règles de vie sont autant de nouveautés à explorer pour mieux respecter les autres et pour se respecter soi-même.
Pourront-ils s’ouvrir au monde? Arriveront-ils à changer de comportement de retour à la maison? Réussiront-ils à mieux s’intégrer? Et au final: ce séjour les aidera-t-il à mieux vivre leur passage vers le monde des adultes? C’est au contact d’une famille différente qu’ils vont peut-être changer de vie…

Les deux émissions (et peut-être toutes les autres, que j’éviterai soigneusement de regarder à l’avenir) sont construites selon le même schéma: un garçon de 17 ans et une fille de 15 ans débarquent dans cette famille lointaine, opposent aux règles de cette famille toute l’inertie acquise pendant leurs années de je-m’en-foutisme, se ferment, boudent, piquent des colères. Puis, miraculeusement, découvrent le plaisir de faire quelque chose pour les autres, sourient, paraissent presque heureux. En une semaine (une semaine!), on passe de la répétition du mot “strict” à celle de “changer”.
Magnifique, non?
Sinon qu’il est impossible d’y croire plus de quelques minutes. Cela sent à plein nez l’émission scénarisée, truquée au dernier des points, montée de toutes pièces. Soutenue par un commentaire off totalement insupportable de lourdeur.
Demandez aux éducateurs qui tentent des expériences hors du milieu des adolescents en crise s’il est facile de les faire changer sur une durée plus longue. Ces quelques jours sont une insulte au travail de fond que réalisent, péniblement, celles et ceux qui prennent réellement en charge les problèmes de ces jeunes.
On me dira que je n’ai rien compris. Que le contact avec un pays pauvre (car le pays pauvre, s’il n’est pas exprimé dans la déclaration d’intention de l’émission, fait évidemment partie du “concept”) est un électrochoc permettant la prise de conscience de ce qu’ils ne sont, en réalité, pas si malheureux dans leurs familles… Tiens donc!
Tout ce qui précède concerne les deux émissions vues hier soir.
Quant à Madagascar en particulier, maintenant…
Tout au début, nous apprenons que ”on y parle le malgache mais la langue officielle est le français.” On a bien fait de venir. Marie et Mickaël aussi, le second glissant discrètement (mais pour que nous l’entendions bien) à l’oreille de la première, sur le trajet (en 4×4) qui les conduit d’Ivato à Tanjombato: ”Ils marchent pieds nus!” Indignation, stupéfaction, incrédulité…
Heureusement (pour eux), la famille d’accueil habite une maison très correcte, dans une cité fermée par une barrière. La sécurité, vous comprenez…
Bon, je ne vais pas vous faire le récit complet de ce que vous avez peut-être manqué (auquel cas vous n’avez rien manqué). Antananarivo et Madagascar sont finalement peu présents dans ce que M6 qualifie de documentaire (à mes yeux, il s’agit plutôt d’une “docu-fiction”). Il y a bien les paysages, les maisons des Hautes Terres, les enfants, les gens qui travaillent dur, les pavillons d’Analakely et, à la fin, le parc de Tsimbazaza où l’on verse quelques larmes, soulagement, bonheur et autres sentiments mélangés, surjoués, définitivement irritants.
Madagascar, terre de contrastes pour qui n’a jamais rien vu hors de son environnement français. Oui, et alors? Une mauvaise émission reste une mauvaise émission.

P.S. Si vous l’avez pensé, vous ne vous êtes pas trompés, je suis un peu en colère…’

Pierre Maury


février 19, 2010

Les parents les plus stricts du monde: à Madagascar

Les Parents les plus stricts du monde , revient le 10 mars prochain sur M6 pour deux nouveaux épisodes dès 20h40. Deux adolescents expérimenteront l’éducation dans une famille à Madagascar, tandis que deux autres seront accueillis par une famille de RDC.

Suite aux très bonnes audiences enregistrées par les deux premiers épisodes de sa nouvelle émission Les parents les plus stricts du mondeM6 a décidé d’expatrier 4 nouveaux adolescents dans des familles francophones à l’étranger.

L’émission, qui avait enregistré plus de 3 000 000 de téléspectateurs, envoie desenfants en rupture, ingérables et qui refusent toute autorité, dans des familles strictes aux cultures complètement différentes du monde entier. Privés de leurs repères, confrontés à des règles d’éducations auxquels ils ne sont pas habitués, ils sont forcés à l’examen de conscience. C’est un peu comme envoyer des ados en difficultés visiter les cousins étrangers de Pascal le grand frère .

Pour son premier épisode, l’émission du 10 mars se déroulera à Antananarivo àMadagascar, dans l’un des pays les plus pauvres au monde. Marie et Mickaël seront hébergés par Mamy et Niarintsoa, parents malgaches de 4 enfants aux règles strictes. Attention, ils ne transigent pas sur la politesse, le respect. A la maison, tout le monde participe aux taches ménagères.

Marie est une petite lycéenne rebelle de 15 ans et demi qui a sale caractère. Depuis le divorce de ses parents il y a deux ans, la demoiselle ne s’entend plus du tout avec sa maman. Les dérapages verbaux se succèdent et sa vie de famille est un enfer, surtout pour son demi-frère, Michel, qui n’a que 7 ans.

Mickaël, 17 ans, est lui en échec scolaire. Ses relations avec son père, déjà conflictuelles, se sont dégradées depuis qu’il s’est fait licencié par son patron.

Chez eux, ils ne respectaient rien. Là-bas, ils vont devoir se montrer responsables. Marie aura en charge l’entretien d’un Orphelinat, Mickaël aidera une association qui approvisionne en eau la population. Sauront-ils cohabiter pendant une semaine ? Seront-ils à la hauteur des attentes ? Et surtout, ce voyage leur sera-t-il bénéfique de retour en France ?
Dans le deuxième épisode, le choc de civilisation qui attend les deux rebelles s’annonce encore plus rude.

Solène, 15 ans, qui reproche tout à sa mère mais ne fait rien chez elle, et Adrien, 16 ans, petit égocentrique qui ne pense qu’au football et dénigre sa mère, vont se retrouver à Kinshasa, capitale de la RDC.

Espérance et Robert, parents de 5 enfants de 17 à 8 ans vont avoir la lourde tache de les accueillir dans une ville de tous les dangers. Mais avec Solène et Adrien, ils n’ont encore rien vu. Le choc des cultures risque d’être rude. Les deux adolescents, à qui l’on concède tout et qui ne pensent qu’à eux, sauront-ils changer de comportement ?Les parents les plus stricts du monde , c’est le 10 mars, sur M6, dès 20h40.

News: Photos de la famille malgache (Mamy et Niriantsoa) qui a accueillie les deux adolescents français : Marie et Mickael

mai 18, 2009

Les bougies Sarasoa: une mompreneur

(c) sarasoa

(c) sarasoa

Interview (dans une ambiance décontractée et amicale) de Sahondra Rakotovao- Ravahatra, créatrice et gérante de Sarasoa, fabrication de bougies ‘bio’ à la cire d’abeille. Membre des Mompreneur Madagascar sur facebook

Entreprendre à Madagascar ce n’est pas facile mais on peut y réussir, il faut y croire, persévérer, avoir de l’ambition. La preuve!

[kilonga.com]: Bonjour Sahondra et merci de nous accorder cette interview virtuelle!

[sarasoa]: Bonjour, je t’en prie

[kilonga.com]: Tu es où physiquement ?
[sarasoa] : Je suis à Madagascar e! mais j’étais 10 ans à paris, avant de rentrer à Mada en 2001. Maintenant, je regrette bien d’être rentrée
[kilonga.com]: Pourquoi?
[sarasoa]: J’ai quitté Madagascar après mon bac, j’ai fait toutes mes études supérieur à Paris, je me suis mariée, j’ai accouchée. Juste après je suis rentrée parce que c’était déjà ancré dans ma tête que je partirai en France juste pour étudier, c’est ce que mes parents avaient programmé. Puis, juste après avoir accouché j’ai cherché du boulot à Madagascar. J’ai eu la chance de trouver facilement, trop tôt même puisque ma fille n’avait que 3 mois quand on a fait notre déménagement vers Madagascar. J’ai travaillé pendant 2 ans chez Parabole Madagascar en tant que Responsable administratif et financier. J’y ai appris plein de choses intéressantes, avec des gens intéressants mais je ne m’épanouissais pas parce que je stressais de laisser ma fille avec la bonne à la maison
[kilonga.com] : Je pense que tu as fais le bon choix en choisissant d’ouvrir ta boite, non?
[sarasoa] : Oui et non parce que maintenant je suis découragée de tout ce qui se passe ici politiquement
[kilonga.com]: Tu as ta propre boite, non ? tu es épanouie, tu penses à une exportation bientôt c’est pas belle ça? et en plus tu es à côté de ta (grande) famille
[sarasoa] : Je me suis investie à fond pour ma petite boite et voilà que maintenant, je me rends compte que je dois recommencer à zéro!
[kilonga.com]: Effectivement, c’est cela qui est dur pour les entrepreneurs à Madagascar
[sarasoa]: Et oui, l’éternel recommencement
[kilonga.com]: Regrettes-tu d’avoir quitté la France pour Madagascar?
[sarasoa]: Aujourd’hui oui, je regrette. Avant la crise non pas du tout, mais j’aurais dû prévoir que dans un pays aussi jeune, ça ne pouvait que se passer comme ça!
[kilonga.com] : Ne peux t-on pas espérer quelque chose tout de même, ton secteur est porteur non? La bougie on en a toujours besoin dans les pays comme Madagascar que ce soit en décoration ou pour le besoin quotidien
[sarasoa]: Oui, je me tourne sérieusement vers l’exportation. Je ne pense pas au marché local parce qu’actuellement les gens pensent plus aux PPN (produit de première nécessité). Ils n’ont pas le temps ni l’esprit d’appécier la qualité de mes bougies car mes bougies ont une spécificité : elles sont à la cire d’abeille, donc bio! Elles durent plus longtemps et ont moins de coulures que les concurentes
[kilonga.com] : C’est très demandé cela en France, ici c’est la mode Bio partout partout
[sarasoa] : Oui, la France… et je me tourne également vers les îles voisines. Je privilègie et je m’investis pour participer aux salons, forums ou rencontres régionales
[kilonga.com] :Et d’ailleurs au niveau des réseaux ? comment tu as pu créer tes réseaux de retour de France?
[sarasoa] : Le réseau s’est crée tout naturellement par l’approche de femmes ayant les mêmes ambitions et préocupations que moi: jeunes, mamans, entrepreneurs, motivées. Ensemble on a crée l’EFAM (Entreprendre au Féminin à Madagascar), c’est là que j’ai connu Malala qui nous a introduit.

“Mes bougies ont une spécificité : elles sont à la cire d’abeille, donc bio! Elles durent plus longtemps et ont moins de coulures que les concurrentes”

[kilonga.com] : ok! je trouve ça géniale. Combien d’employés tu emploies dans ta société et quelle est ta place? ton rôle?
[sarasoa] : SARASOA est une petite structure de 4 employés, je suis la gérante propriétaire, et occupe les fonctions administratives, commerciales… enfin un peu de tout quoi . Je recrute, je forme, je fais les déclarations administratives, je prépare et anime les évènements, la comptabilité…
[kilonga.com]: Et vous vous situez où exactement?
[sarasoa] : L’atelier se trouve à Soamanandrariny, route de tamatave

[kilonga.com] : Et au niveau de l’emploi du temps comment tu t’organises avec les enfants? en tant que mère-entrepreneure
[sarasoa] : J’ai 2 enfants :une fille âgée de 7 ans et un garçon de 3 ans. Mon emploi du temps professionnel se calque et se plie entièrement au programme des enfants. Maintenant qu’ils sont tous les deux scolarisés, c’est plus facile pour moi de m’organiser, même si maintenant il y a les activités parascolaires par-ci par là, je suis le rythme. Je rattrappe souvent le travail en retard le soir quand ils sont au lit
[kilonga.com] :Ils avaint quel âge quand tu as ouvert ta société et comment tu faisais? c’est pour situer un peu les lectrices sur la possibilité d’entreprendre et de materner
[sarasoa]: C’est le gros avantage que j’ai d’avoir mon bureau à la même adresse que mon domicile (rire). J’ai démarré SARASOA quand je n’avais encore que Sariaka, elle avait 2 ans. Même si j’en étais encore au démarrage, je trouve que l’on est plus disponible en étant son propre chef que salariée
[kilonga.com]: tes parents, ton mari, tes frères/soeurs t’ont aidés? que ce soit au niveau des paperasses, de la garde des enfants ou pour autres choses

[sarasoa] : Oui, et ici on a l’avantage d’avoir une nounou, qui effectivement peut garder les enfants lors de mes déplacements. Et je m’arrangeais toujours pour ne pas m’absenter trop longtemps car les nounou d’ici ne sont pas des pro’ de la puériculture. Ce n’était pas mon but d’arrêter d’être salariée pour envoyer ma fille à la crèche, mon but c’était de l’avoir le maximum avec moi . La nounou c’est juste pour le dépannage de quelques heures.
[kilonga.com]: Et au niveau des papiers administratifs et l’expérience de l’entrepreunariat?
[sarasoa] : Au niveau des formalités administratives de création d’entreprise, j’ai tout fait moi même, ce n’était pas compliqué du tout mais ça prend du temps et beaucoup de va et vient. L’expérience de l’entreprenariat, je l’ai acquise sur le tas, mais surtout je crois que c’est tout un état d’esprit à avoir une volonté, des ambitions, un bon projet
[kilonga.com] : Quand tu as terminé tes études supérieur et que tu as décidé de rentrer à Madagascar, ce n’était pas encore l’effet déclencheur puisque tu as travaillé dans une boite privée. Peux- tu confirmer que c’est la naissance de ta fille qui t’as décidé à ouvrir ta propre entreprise?
[sarasoa] : En effet, l’effet déclencheur c’est surtout ma fille, et le remord de la laisser toute seule avec la nounou toute la journée et puis cette expérience du statut de salarié aussi était sans doute nécéssaire pour pouvoir comparer et apprécier le statut d’entrepreneur.

[kilonga.com]: Avec la crise actuelle, une envie de retrouver le statut salarié?
[sarasoa] :euh… c’est dur de n’entrevoir aucune perspective avant plusieurs mois…

[kilonga.com]: Et les point de ventes ?
[sarasoa] : Je n’ai pas encore de site web. Les bougies lisses sont présentes dans toutes les grandes surfaces (jumbo, shoprite, supermarket) et les bougies déco (qui viennent juste d’être lancées) dans les boutiques Hazomanga à Antsahavola et l’Exemplaire à Antanimena pour seulement moins de 3 euros la pièce

[kilonga.com]: quel beau boulot tu as fait dis donc!

Merci Sahondra!

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