Nathalie est une femme très dynamique. Elle est arrivée en France avec ses deux garçons en 2005 après un regroupement familial. Son mari travaillait au BMOI quand il a décidé de partir pour la France en 2003. Aujourd’hui ils sont 5 à la maison, le petit dernier est né neuf ans après le cadet pour une histoire de papier…
- Nathalie, 39 ans, Agent d’escale, 3 enfants. Mariée à Lova, 39 ans, Conducteur de poids lourd.
Kilonga.com: Bonjour Nathalie. Une petite présentation?
Nathalie: Je travaille en tant qu’Agent d’escale à l’aéroport de Paris. Je suis maman de 3 grands garçons et je suis mariée depuis presque 15 ans maintenant. Je suis arrivée en France en 2005, 2 ans après mon mari. Nous avons toujours vécu dans la banlieue parisienne.
Kilonga.com: Ton mari est arrivé 2 ans avant toi. Pour quelle raison?
Nathalie: Misava làlana akia a! (rire) .A vrai dire nous ne pouvions pas partir tous ensemble. Pas avec les deux enfants en tout cas, ils avaient 9 et 6 ans à l’époque. Ca aurait été la galère.
Kilonga.com: Comment vivais-tu cela? Assumer seule la responsabilité de tes deux enfants durant 2 ans?
Nathalie: Je ne sais pas au fait, parce que nous habitions chez ma belle famille et il y avait les grands parents présents. Au final, je n’ai pas vraiment ressentie une difficulté par rapport à l’éducation et à l’autorité parentale. Mon mari nous appelait toute les semaines, on s’envoyait des e-mails mais c’était très rare. Il m’a plutôt manqué physiquement (rire). Mais de toute façon je me disais que c’était pour la bonne cause.
Kilonga.com: Et ton mari, comment vivait-il cette séparation, cette décision?
Nathalie: (grimace) La galère! Il a quitté son poste dans l’espoir de trouver quelque chose après la crise de 2002, si tu te souviens. Mais en vain. Du coup il s’est mis en statut étudiant en reprenant les études. Nous avons de la famille ici qui pouvait l’aider dans les différentes démarches. Il est entre autre de nationalité française de sa grand- mère, mais après la colonisation à Madagascar les descendants n’ont pas voulu garder la nationalité. Quand il a pu prouvé ça, ça a été réglé.
Kilonga.com : Donc en 2005, tu es arrivé avec vos fils et alors?
Nathalie: Nous étions hébergés par- ci par- là chez des amis, des connaissances, la famille le temps de faire les inscriptions à l’école des enfants. Mon mari a trouvé des petits jobs en dehors de ces études. La première année je n’ai pas travaillé du tout, je m’occupais de nos papiers administratifs, des enfants. J’ai fait appel à la caf, à l’assistante sociale pour avoir un appartement stable. Je l’ai eu très rapidement. Etant une famille croyante et pratiquante, nous avons très tôt intégré le fpma, ce qui nous a permis d’élargir nos réseaux.
Kilonga.com: L’intégration s’est bien déroulée alors? Comment ça s’est passé du côté du travail?
Nathalie: Nous avions la caf avec deux enfants c’était autour de 400 euros par mois, vu que nous n’avions pas de ressources stables. Et comme je suis tombée enceinte très rapidement, je n’ai pas travaillé de suite. Je me suis vraiment investie dans la vie de l’église et la louange de Dieu. Mon mari et moi sommes diacre, je fais partie du membre dorkasy et sampan’ny vehivavy. Les garçons font du scoutisme et du sekoly alahady. Je suis fière de tout cela car la vie est dure et sans l’aide de Dieu nous ne serions pas là aujourd’hui.
Et puis bien sûr je peux compter sur l’aide de mon mari. On se soutient beaucoup, c’est important!
Kilonga.com: Actuellement tu es active n’est ce pas? Depuis quand et comment tu t’y es organisée avec trois garçons?
Nathalie: J’ai commencé quand mon dernier avait 2ans et demi par là. J’ai commencé par de l’intérimaire puis je suis titulaire de poste maintenant. Comment je faisais? Et bien j’ai mes soeurs de l’église qui m’ont aidés . Elles ont acceptés de garder mes enfants les jours où je partais tôt de la maison ou quand je rentre tard. Et puis bien sûr je peux compter sur l’aide de mon mari. On se soutient beaucoup, c’est important!
Kilonga.com: Et les enfants comment ça se passaient pour les deux grands le changement de vie?
Nathalie: A Madagascar, ils étaient plutôt contents de partir pour la France. Ils frimaient (rire). Quand nous étions arrivés, ce fût quand même un choc surtout pour mon aîné. L’hiver n’a pas arrangé tout cela bien sûr et comme nous n’avions pas notre propre appartement, cela a été difficile. A Madagascar, ils avaient chacun leur chambre, nous habitions une grande maison d’environ 150m² avec des hectares de terrains. C’est différent, mais on a confié tout cela à Dieu et Il a écouté nos prières.
Kilonga.com: As-tu eues des difficultés pour trouver du travail?
Nathalie: Tu peux toujours trouver du travail si tu n’es pas compliqué. Rehefa tsy sarotiny e! .Les petits jobs y en aura toujours, déclaré ou non déclaré. Moi je travaillais dans une agence de voyage à Madagascar et cela m’a aidé pour trouver ce job.
Kilonga.com: Ton mari et toi aviez quand même une très bonne place à Madagascar, qu’est ce qui vous a poussé à partir?
Nathalie: L’avenir des enfants après la crise de 2002 était incertain. Certes mon mari avait une très bonne place au BMOI, nous faisions partie de la haute sphère à Tana. La décision de partir a été mûrement réflechie.
Kilonga.com: Quelquesv regrets tout de même, non?
Nathalie: Parfois oui, parfois non. Il suffit que je pense aux enfants et c’est parti. Moi oui, je regrette ma vie là-bas. Enfin ce n’est pas vraiment un regret c’est plutôt une nostalgie.
Kilonga.com: Si tu as à choisir en étant une mère active, c’est à Madagascar ou en France que l’on vit le mieux?
Nathalie: Je peux dire les deux (rire)? Oui, chacun a son avantage. A Madagascar, tu habites une grande maison avec un grand terrain. Tu peux avoir un travail stable donc un salaire moyen mais tu as du mal à boucler tes fins du mois. En France tu peux bénéficier des aides sociaux, à partir de 3 enfants tu as pas mal de réduction d’impôt, des aides de partout en étant une famille nombreuse. Mais tu n’es pas apprécié par tous, il y a de plus en plus de raciste (fou rire). Non sans rire, Par rapport à mes amies là-bas je suis mieux à l’abri en France.
Kilonga.com: Un retour est envisagé ou non?
Nathalie: Quand? tu rigoles! Les garçons ils n’ont plus d’amis là-bas. Quant à moi, je ne supporterai plus la mentalité. Peut- être dans nos vieux jours, qui sait? Mais pas en ce moment, nous avions fui la crise et aujourd’hui c’est encore pire. Non, il faut avoir des millions d’euros pour retourner au pays et nous ne l’avions pas encore. On verra… asa rehefa vovoka angambany!
Kilonga.com: En tout cas, merci beaucoup Nathalie. je te souhaite le meilleur
Nathalie: Merci tatisy de kilonga.com (fou rire)



Qui n’a jamais embrassé dans sa vie? Dès le plus jeune âge,les enfants font la course à qui a eu son premier baiser. Plus tard, nous ressentirons de l’émotion, du désir liés à notre amour pour l’autre. 









