Archive pour ‘Témoignage’

janvier 16, 2011

Zafy: témoignage d’une ‘sage-femme’ malagasy en France

Il est 8h du matin, Zafy (prononcé Zaphy) a terminé sa garde de nuit. Il est temps pour elle de se reposer. Elle me donne rendez-vous dans la chambre 106. Je la suis. Cette petite dame se promène avec un sac plein de thés, de cafés, de sucrettes, qu’elle pose dans un coin de la maternité. Ensuite elle se rend dans l’office pour dire bonjour à ses collègues et réveiller un peu l’équipe du matin. De bonne humeur et souriante, elle y reste ”le temps qu’il faut”’ à bavarder avec tout le monde: potin, râle, transmission. Elle me propose un café, me présente à l’équipe. Rencontre

Je travaille comme au Mac Do’, je suis ce que nous appelons ici une équipière polyvalente

Kilonga.com: Merci pour ce café Zafy, ce n’est pas trop matinal pour vous ce rendez-vous?

Zafy: Aaahhh! (crie) Il vaux mieux que soit maintenant que plus tard. Je suis encore fraîche en sortant de ma garde. Regardez je suis toute belle! N’est ce pas Laurence?! (elle s’adresse à une de ses collègues qui passent dans le couloir)

Kilonga.com: Comment a été la nuit?

Zafy: Deux nouveaux-nés sont montés, un de 3kg 350 et une autre de 2kg 800. J’en avais déjà 6  en plus des 5 grossesses pathologiques.

Kilonga.com: Mais dites-moi quel est exactement ton rôle ici? tu me parles de bébés et de grossesse pathologique. Je ne te comprends pas

Zafy: (sourire) Je travaille comme au Mac Do’, je suis ce que nous appelons ici une équipière polyvalente

Kilonga.com: C’est à dire que tu fais aussi le ménage?

ZAfy: Non pas jusque là, je suis payée en tant qu’auxiliaire de puériculture, mais il m’arrive d’être infirmière et aussi sage-femme.

Kilonga.com: Ah bon, et quel est le diplôme pour exercer tout ça?

ZAfy: Au fait j’ai un diplôme de sage-femme que j’ai validé à Madagascar. Quand je suis arrivée en France il y a des années de cela,  l’équivalence vaut un diplôme d’auxiliaire de puériculture. Et me voilà

Kilonga.com: Ah , je comprends mieux. Parlez-nous un peu de votre parcours, justement.

Zafy: Et bien, j’ai fait 4 ans d’études de sage-femme, j’ai exercé un poste de sage-femme à l’hôpital de Tamatave, j’ai été cadre de santé même. Quand j’ai décidé de venir en France, j’ai été embauché comme auxiliaire de puériculture car le diplôme malgache ne vaut pas le diplôme français. Et pourtant je suis de la vieille école. Récemment j’ai passé le concours de l’équivalence, je l’ai eu et je suis en attente du résultat officiel . Je dois également trouver un stage d’un an avant d’être titularisé. Et pourtant, ce stage je n’en ai plus besoin . Je l’ai fait tous les jours, ici et ailleurs depuis que je suis venue en France. C’est du n’importe quoi! pour trouver un hôpital pour effectuer un stage c’est un parcours. Et puis comment je fais pour vivre 1 an sans être payé? Ici ils ne veulent pas valider mon parcours. Tout est fait pour que nous -les étrangers- on n’avance pas. Tant qu’il y a de la place pour les blanc s, il n’y en aura pas pour nous, même si nous sommes plus compétente qu’eux.

Kilonga.com: Et vous êtes beaucoup dans cette situation, tu en connais d’autres?

Zafy: Dans cette clinique , nous sommes 3 malgaches, toutes vacataires, et toutes sage-femme. Il y a deux autres comme nous, l’une est congolaise et l’autre algérienne. Toutes deux vacataires aussi. Au fait nous avons été embauché pour une vacation à l’éternelle. Il y a aussi  une malgache qui part en retraite bientôt mais c’est une puéricultrice. C’est une dame qui vouvoie tout le monde, c’est sa façon à elle de se distinguer de toute les catégories socio-professionnels, elle veut qu’on la respecte et elle veut qu’on honore sa place. pfff tu parles, ce n’est pas pour ça que nous serons à sa merci!

Kilonga.com: Et tu occupes d’autres postes ailleurs?

Zafy: Oui, je travaille dans une autre clinique. J’ai besoin d’argent, je construits une maison à Tamatave.

Kilonga.com: Et comment tu t’organises avec ça? La vie de famille?

Zafy: Mes enfants sont grands. Ils s’organisent comme ils peuvent. Ce que je veux dire c’est que je n’ai pas de devoirs à suivre le soir, que je n’ai plus à préparer le dîner pour eux. Je me soucie de trouver de l’argent pour mes projets à Madagascar.

Kilonga.com: Si je comprends bien ce que tu fais maintenant est impossible pour une jeune comme nous?

Il faut savoir s’organiser et savoir ce que l’on veut. Une vie de famille paisible c’est impossible en France.

Zafy: Il faut savoir s’organiser et savoir ce que l’on veut. Une vie de famille paisible c’est impossible en France.  Avec un salaire – à moins d’être médecin, avocat ou entrepreneur-  c’est quasi-impossible.  Pour les jeunes comme vous, il faut se fondre dans la masse: faire appel à la voisine pour garder les enfants, appeler une femme de ménage, faire ses courses sur internet. C’est le prix pour rentrer zen le soir et ne pas crier sur les enfants. Or beaucoup sommes nous à ne pas se sentir prête pour ça.

Kilonga.com: Toi même as- tu eu recours à tout cela pour réconcilier vie de famille et vie professionnelle

Zafy: Non, j’ai travaillé à temps partiel avant, quand les enfants étaient petits. Il y avait la crèche, la garderie.  Maintenant qu’ils sont grands je suis libre. C’est pour cela que j’arrive à jongler avec deux cliniques. Mais méfiez-vous, j’ai une collègue de 65 ans qui fait toute la clinique de Paris, c’est une sage-femme. Avec ce qu’elle gagne elle part en Chine pour deux semaine avec 6000 euros à dépenser.

Kilonga.com: C’est un rêve pour toi?

Zafy: Oh! Qui ne voudrait pas avoir une belle somme dans sa poche pour les vacances. Bien sûr que toutes ici voudraient pareil. Moi- enfin nous malagasy nous devons épargner pour construire quelque chose chez nous.

Kilonga.com: Tena fangalana ravin’ahitra izany aty an-dafy e?

Zafy: Plus on reste, plus on s’y attache même si on se fait piétiner par des vazaha. Maintenant ce ne sont même plus que les vazaha qui nous piétinent, il y a aussi l’algérien, le malien, l’indien, le portugais etc

Il faut se démarquer de la masse, c’est à dire profiter du système en étant un peu filou.

Kilonga.com: Un jour tu seras sage-femme titulaire en France alors, c’est un prestige ça?

Zafy: Oh que oui, être reconnue pour ce qu’on est c’est primordial.  Tu imagines que les sage -femmes nous appellent pour les aider dans leur travail parce qu’elles savent que nous sommes compétentes, alors que l’inverse si nous on leur demande de faire le bain du bébé elles refusent? Le salaire ne suit pas en plus de ça, et comme nous savons le faire, notre égo gagne la mise. Ce genre de chose nous fait mal au coeur car nous avons l’impression d’être B***

Kilonga.com: J’espère que tu seras reconnue à ton juste valeur Zafy, comme beaucoup d’entre nous étrangers en France. Vous êtes une battante et je pense que vos efforts seront vains. En tout cas je te remercie de m’avoir accordé un peu de votre temps . Bon repos alors!

Zafy: Merci à kilonga.com et longue vie à vous. Reviens nous voir, il y a des mamans malagasyqui viennent accoucher ici tu sais.

Zafy n’a pas voulu que je la prenne en photo, elle a dit que pour la voir, il faut venir accoucher dans sa clinique dans le 94 et dans le 75.

septembre 13, 2010

Le shampooing Homeopharma pour enfant est-il vraiment du Bio?

Aimez-vous acheter des produits de beauté qui ne contiennent pas de parabènes, de phenoxethanol ou d’autres choses désagréables? Avez-vous récemment choisi Homéopharma pour remplir votre trousse de toilette? Produit pas cher, se vante la qualité 100% naturelle , accessible par tous et de plus made in Madagascar - donc question fiabilité OUI il ne devrait pas y avoir de soucis. Tout le monde connait à quel point nos ancêtres se soignaient par les plantes . Sauf que.. petit bémol de l’histoire

Homeopharma est une société malgache qui se spécialise dans les médicaments homéopathiques, ainsi que des produits biologiques de soins du corps. Aujourd’hui ils exportent. Du moins en Europe, je ne sais pas si leurs produits ont atteint  les côtes nord-américaines ou asiatiques . Récemment nous avons fait la découverte de leur shampooing pour enfants qui sentent bon la pomme. Le shampooing ne contient pas de conservateurs -normalement. Les ingrédients sont pour la plupart des plantes, mais il y a tout de même une présence de  laureth sulfate de sodium en elle.

Nous hésitons donc quant à la fiabilité Bio de ces produits. L’étiquetage nous dit rien, il n’est pas top, pas complet. En faisant un tour sur leur  site web , il indique que tous leurs produits ont été certifiés comme étant biologiques par Ecocert, mais le label Ecocert est absent de l’emballage de tous leurs produits de beauté.
La liste des ingrédients sur le shampooing des enfants comprend “parfum” (Parfum), et rien n’indique que cette fragrance est naturelle plutôt qu’une synthèse contenant des phtalates, un produit chimique dangereux connu pour perturber le corps au niveau du système endocrinien. L’étiquette du produit dit «naturel Produit 100%” (100% produit naturel), mais ce n’est pas vrai étant donné qu’au moins l’un des ingrédients est du laureth sulfate de sodium, un produit chimique de synthèse.

Bref,  leurs produits sont bon marché et malgré quelques présences de parfum de synthèse  - à comparer aux produits de beauté made in china- le shampooing est vraiment pas mal.

septembre 1, 2010

Les crèches de Tanà: les bonnes adresses

Quand je vous disais que Internet regorge de perle rare, je ne l’ai pas dit par hasard! Et bien comme c’est la rentrée et même si ce témoignage date un peu;  je tiens quand même à le partager avec vous. Une maman malagasy a fait le tour des crèches de Tanà pour partager avec vous son avis sur quelques structures d’accueil présentes là-bas , son blog accessible ici sinon je vous poste directement l’article. Merci Aina :)

Mon mari et moi avons décidé de mettre bébé à la crèche. Il s’ennuie à la maison tout seul, et nous avons remarqué qu’il adore être avec d’autres bébés. Nous avons alors demandé ici et là, auprès de notre entourage, nos collègues respectifs quelles sont les crèches valables à Tanà. 2 noms reviennent souvent : « Le Jardin du Panda » et « Jasmins ». J’ai pris rendez-vous avec les responsables de ces crèches, et tenais à vous partager mes impressions. Elles pourraient vous être utiles pour vos propres enfants.

« Jasmins » se trouve dans le quartier d’Alarobia (pas très loin des zones résidentielles d’Ivandry et d’Androhibe). L’accès est un peu étroit mais le local est très joli, très bien décoré. On m’a accueilli dans une grande salle de jeux avec des jouets, un grand tapis, des chevaux à bascule, des mini voitures et mini motos. La salle est bien aérée et bien éclairée, et donne sur une courette très propre. La salle du dodo est à part avec des petits lits contigus. Les draps et couvertures sont propres, la salle bien aérée. La cuisine est également très propre. Le seul inconvénient, pour moi du moins, est leur horaire. Ils n’accueillent les enfants qu’à partir de 8h le matin et ferme dès 16h30 ! Cet horaire ne convient pas aux mamans qui travaillent ! Deuxième point faible : les activités ! Je conçois qu’une crèche garderie ne fonctionne pas comme une école avec un programme bien établi, et tout le tralala, mais je m’attendais tout de même à des activités d’éveil, des chansons et comptines qui conviennent à chaque tranche d’âge, à des jeux d’eau, des jeux d’extérieur, etc. Or, quand j’ai demandé quelles étaient les activités à proposer aux enfants, la directrice a paru hésiter avant de dire, toujours hésitante, « qu’ils chantent, qu’ils jouent entre eux » ! Côté sous, le tarif mensuel pour la formule Temps plein est de 110.000 Ariary (environ 45€) et ils n’ont pas de formule demi-journée. Le tarif comprend le repas du midi et les goûters, mais je dois fournir le lait pour les biberons. Si j’ai bien compris, l’enfant doit avoir déjà pris son petit déjeuner car il n’est pas compris dans le prix !

« Le Jardin du Panda » est tenu par une russe qui s’est établie avec sa petite famille à Antananarivo en 1999 (si je me souviens bien de ce qu’elle m’a dit). Madame Elena est pharmacienne et dès les premiers mots, j’ai senti qu’elle maîtrisait bien son « métier ». La première question qu’elle m’a posé est la suivante : « pourquoi voulez-vous mettre votre enfant à la crèche ? » (dans un malgache très correct et sans la moindre faute, svp !). J’ai bien compris que certaines réponses ne lui conviendraient pas, mais la mienne en tout cas l’a convaincue et elle a donné son « accord de principe ». La preuve, s’il en est, que les enfants restent sa préoccupation première. La suite était une salve de questions sur la santé de bébé, ses habitudes, nos habitudes, s’il était correctement vacciné, s’il avait des problèmes chroniques de santé ou des problèmes d’allergies. Elle a demandé à voir son carnet de santé et posait quelques questions. C’est seulement après qu’elle ait pris tous ces renseignements que je posais mes questions à moi. Mais pour tout vous dire, à ce moment-là, j’étais déjà conquise, je pouvais lui confier mon bébé sans problème ! Repas et goûter : le menu pour la semaine entière sera établi chaque lundi et collé dans le cahier de liaison de bébé. Rien n’est fait au hasard, chaque menu respecte l’équilibre alimentaire des bébés : légumes, laitages, fruits, céréales, etc. Activités : là aussi, coup de foudre car elle me citait les activités pour chaque tranche d’âge en pro de la petite enfance : activités d’éveil sensorielle, activités d’éveil par la chanson (karaoké ! c’est trop mignon !), jeux d’extérieur, piscine et apprentissage de quelques notions de politesse. La seule activité pour laquelle je ne suis pas très convaincue est la télé, qui à ce qu’on m’a dit, reste allumée tout l’après-midi ! Le samedi d’après lorsque j’ai fait la visite des lieux (la visite n’a lieu que les samedis pour ne pas déranger les enfants dans la semaine !), j’ai trouvé le local propre mais très simples, quelques jouets, des petites tables et chaises, etc. Mais l’extérieur est très bien aménagé : un petit jardin, une petite pelouse, une petite piscine. Le prix est de 70.000 Ariary (environ 30€) mensuel pour une formule Demi-journée et 100.000 Ariary (environ 40€) mensuel pour une formule Temps plein. Le tarif comprend tous les repas et goûters et je ne fournis pas le lait pour les biberons. L’horaire convient parfaitement aux parents qui travaillent : de 6h30 à 18h !

Une troisième crèche que j’ai trouvé par moi-même au hasard d’une affiche publiée sur la portique du magasin Leader Price à Ankorondrano : « Kids Academy ». Première réaction : çà coûte très cher ! De l’ordre de 2.060.000 Ariary (environ 900€) pour un temps plein le trimestre, si option cantine, et des droits d’inscription de l’ordre de 650.000 Ariary (environ 200€). Mais le kit écolier est inclus dans le prix : tabliers, sacs à dos, sac pour les biberons, agenda de liaison, CD de chansons, guide avec paroles des chansons apprises à la crèche pour que les parents puissent prendre le relais chez eux. Côté activités et repas, c’est le top : des activités d’éveil, des activités d’extérieur, ateliers cuisine, peinture, etc, et des repas concoctés en collaboration avec un pédiatre. Le confort des locaux est indéniable. Et tout ce qu’on regarde est très joli. Un plus : ils ont un pédiatre attitré ! Pour ceux qui en ont les moyens, c’est plus que recommandé. Seul bémol, l’horaire ! De 8h30 à 16h30 !

Côté sécurité, les deux dernières crèches misent sur la vigilance et la sécurité des enfants, je veux dire vis-à-vis de l’extérieur. Les portails ne s’ouvrent que pour les parents ou les personnes déjà connus des responsables (par le biais de photos apposées sur les cahiers de liaison), et ils ne permettent à des inconnus d’avoir accès aux locaux. Cette question est quelque peu mise de côté par la première crèche.

Moi, j’ai opté pour « Le Jardin du Panda ». A très bientôt pour le premier jour de crèche de bébé !

Le Jardin du Panda : Antsakaviro, entre la société Madprint et le salon Coyotte Girl

Kids Academy : Androhibe (impossible d’indiquer le chemin, mais il suffit de suivre les panneaux bien situés), situé dans une zone résidentielle

mars 14, 2010

Les parents les plus stricts du monde vu par Pierre

‘Je me suis enfilé, comme on enfile des perles (aux cochons), deux émissions à la suite sur M6, la petite chaîne qui monte, comme on dit. C’était au moins une de trop. Quoique… De voir Les parents les plus stricts du monde à Kinshasa m’a quand même préparé à les voir ensuite à Antananarivo. Une préparation en guise d’énervement croissant devant ce “concept” (c’est parfois presque un gros mot, “concept”, mais c’est ainsi qu’ils disent, sur M6) assez curieux. Si, par accident, vous n’en aviez pas entendu parler, je vous le copie/colle tel que le site officiel présente la chose:

Dans «Les parents les plus stricts du monde», deux adolescents en crise partent une semaine à l’autre bout du monde dans une famille d’accueil francophone, beaucoup plus stricte que la leur, pour découvrir d’autres règles éducatives. Immergés dans une culture aux antipodes de leurs repères familiers, ils vont devoir respecter ces nouvelles règles de vie, parfois dans la douleur. Mais, au fur et à mesure de leur vie au sein de cette famille, ils vont prendre du recul sur leur comportement habituel, deviendront moins centrés sur eux-mêmes, et réapprendront à communiquer avec des adultes et à avoir confiance en eux. Intégration, travail, culture, échanges, règles de vie sont autant de nouveautés à explorer pour mieux respecter les autres et pour se respecter soi-même.
Pourront-ils s’ouvrir au monde? Arriveront-ils à changer de comportement de retour à la maison? Réussiront-ils à mieux s’intégrer? Et au final: ce séjour les aidera-t-il à mieux vivre leur passage vers le monde des adultes? C’est au contact d’une famille différente qu’ils vont peut-être changer de vie…

Les deux émissions (et peut-être toutes les autres, que j’éviterai soigneusement de regarder à l’avenir) sont construites selon le même schéma: un garçon de 17 ans et une fille de 15 ans débarquent dans cette famille lointaine, opposent aux règles de cette famille toute l’inertie acquise pendant leurs années de je-m’en-foutisme, se ferment, boudent, piquent des colères. Puis, miraculeusement, découvrent le plaisir de faire quelque chose pour les autres, sourient, paraissent presque heureux. En une semaine (une semaine!), on passe de la répétition du mot “strict” à celle de “changer”.
Magnifique, non?
Sinon qu’il est impossible d’y croire plus de quelques minutes. Cela sent à plein nez l’émission scénarisée, truquée au dernier des points, montée de toutes pièces. Soutenue par un commentaire off totalement insupportable de lourdeur.
Demandez aux éducateurs qui tentent des expériences hors du milieu des adolescents en crise s’il est facile de les faire changer sur une durée plus longue. Ces quelques jours sont une insulte au travail de fond que réalisent, péniblement, celles et ceux qui prennent réellement en charge les problèmes de ces jeunes.
On me dira que je n’ai rien compris. Que le contact avec un pays pauvre (car le pays pauvre, s’il n’est pas exprimé dans la déclaration d’intention de l’émission, fait évidemment partie du “concept”) est un électrochoc permettant la prise de conscience de ce qu’ils ne sont, en réalité, pas si malheureux dans leurs familles… Tiens donc!
Tout ce qui précède concerne les deux émissions vues hier soir.
Quant à Madagascar en particulier, maintenant…
Tout au début, nous apprenons que ”on y parle le malgache mais la langue officielle est le français.” On a bien fait de venir. Marie et Mickaël aussi, le second glissant discrètement (mais pour que nous l’entendions bien) à l’oreille de la première, sur le trajet (en 4×4) qui les conduit d’Ivato à Tanjombato: ”Ils marchent pieds nus!” Indignation, stupéfaction, incrédulité…
Heureusement (pour eux), la famille d’accueil habite une maison très correcte, dans une cité fermée par une barrière. La sécurité, vous comprenez…
Bon, je ne vais pas vous faire le récit complet de ce que vous avez peut-être manqué (auquel cas vous n’avez rien manqué). Antananarivo et Madagascar sont finalement peu présents dans ce que M6 qualifie de documentaire (à mes yeux, il s’agit plutôt d’une “docu-fiction”). Il y a bien les paysages, les maisons des Hautes Terres, les enfants, les gens qui travaillent dur, les pavillons d’Analakely et, à la fin, le parc de Tsimbazaza où l’on verse quelques larmes, soulagement, bonheur et autres sentiments mélangés, surjoués, définitivement irritants.
Madagascar, terre de contrastes pour qui n’a jamais rien vu hors de son environnement français. Oui, et alors? Une mauvaise émission reste une mauvaise émission.

P.S. Si vous l’avez pensé, vous ne vous êtes pas trompés, je suis un peu en colère…’

Pierre Maury


février 18, 2010

Maman Bébé Bootcamp*

Aïe! je vois déjà vos grimaces et rires grinçants. Eh oui, la  lune de miel, le post-partum et le temps des fêtes, c’est bien fini, tellement vite d’ailleurs qu’on a même pas eu le temps de cogiter un baby-blues devant un pot de Ben & Jerry’s. Les regards obliques du papa (grand-papa, tonton, tatie, belle-maman, cousins, nièce, ami, …et j’en passe) m’ont bien fait comprendre qu’il fallait retrouver le chemin douloureux de la remise en forme. Cette expression. Comme si je n’étais pas en forme. Des nuits tellement courtes que ça n’en vaut pas la peine de dormir (non elle ne fait pas ses nuits, oui je fais mon possible, merci.). Des pantalons qui rétrécissent au lavage et non sous le poids de mes trop-copieux repas (hey les jeunes filles : si jamais on vous dit que l’allaitement ne fais pas grossir, eh ben…c’est à moitié vrai. Le bébé grossit, pète la forme, épanoui, intelligent et toi aussi!). Un bide. Oh Purée. J’ai un bide.

Fernando Botero’s The Widow, 1997.

Mon salut a donc pris forme sous l’intitulé “Mise en forme Maman – Babysitting Bébé” (et gratuit de surcroît!). 60 minutes d’exercices intenses , qui , soit-disant, ont rien à voir avec les Pilates (kezako?) et qui réveillent le bidounet ou ce qu’il en reste. Sueur, essouflement, limite je vomis, et le facteur “honte” qui te donne assez d’énergie pour ne pas quitter la salle en courant. Et même pas de Sunshine à côté pour faire semblant de faire une pause bébé. Mais elle est où elle d’abord? Sachez que ce fut la première fois que je laissais la petite à des mains d’étrangères et plus de 60 minutes (j’insiste avec ces 3600 secondes!). Hormis un 2h35 pour aller voir Avatar où elle a fini gâtée pourrie par ses grands-parents (grrr), j’admets avoir un grand problème d’attachement/détachement. Laissée sur un immense tapis de jeu dans la même salle mais derrière un rideau, avec des milliers de jouets, 4 bonnes femmes qui s’émerveillent devant sa frimousse et 2 autres poupons pour lui apprendre des bêtises , eh bien, je vous le dis : elle a à peine remarqué mon absence.

J’encourage donc les mamans qui veulent redevenir jolies et minces de ne pas hésiter une seconde à se remettre tout doucement au sport. Des fois, j’emmène bébé dans la poussette à la gym et la laisse gazouiller pendant mes cycles sur le vélo ou le tapis. Sachant qu’elle peut hurler à tout moment, cela m’incite à en faire souvent et pas trop longtemps, juste de quoi garder la forme. Des fois aussi, très très tôt le matin, je sors le tapis de yoga et tire quelques poses histoire de m’étirer le dos, le ventre, bref tout ce qui bouge pas trop d’habitude. Et bien entendu quand papa rentre du boulot, lui fourguer Sunshine dans les bras et filer au cardio-danse. Même si je sais qu’on va les retrouver supers misérables et tristes 60 minutes après mais bon…Il faut bien que maman s’essouffle un peu non?

[mise à jour : le week-end suivant]

Maman courbaturée comme pas possible des neurones aux orteils et bébé un peu beaucoup enrhumée. Eh oui. L’introduction au monde cruel des baby-sitters-halte-garderies-ou-cousines-gentilles-qui-gardent-bébé-même-si-c’est-gratuit est un passage obligé pour toute famille qu’on le veuille ou non. Il était évident que notre petite vie aseptisée en ermite devenait impossible pour l’équilibre social et bactérienne du bébé. Encore pire si je ne pouvais plus franchir la porte avec mes kilos super-superflus.

C’est bon. je suis prête. je pense que je peux revenir au boulot maintenant :p

*Bootcamp : anglicisme pour “Pratique intense et court d’un exercie-qui-tue-les-muscles”. Je l’ai mis dans le titre pour faire sérieux bien entendu je ne conseille cette torture à personne. Sachez aussi que les kilos pris en 9 mois ne se perdent pas en 1 journée…même si on s’accroche très fort à ce mythe, il va falloir suer les filles !

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